Démarcation entre le Finnmark Norvégien et la Lapponie Russe. Archangel, 28 août 1826
Protocole concernant la vieille frontière entre le Finmark Norvégien et le Grand-Duché de Finlande, part 1. Archangel, 28 août 1826
Protocole concernant la vieille frontière entre le Finmark Norvégien et le Grand-Duché de Finlande, part 2. Åbo, 7 septembre 1827.


Protocole
appartenant à la carte de démarcation entre le Finnmark Norvégien et la Lapponie Russe.

Par suite de la Convention signée à S:t Pétersbourg le 14/2 mai 1826 entre Sa Majesté le Roi de Suède et de Norvège et de Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies, les deux hautes cours ont nommé des commissaires pour tracer conjointement sur les lieux la ligne de démarcation sélon l'article IV de la convention telle qu'elle a été stipulée par l'article II et pour faire construire les colonnes et autres marques destinées à indiquer cette ligne.

Les Commissaires nommés de part et d'autre savoir: par Sa Majesté le Roi de Suède et de Norvège le Lieutenant-Colonel Frédéric Waldemar Mejlænder, Chevalier de son Ordre de l'Epée, et par Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies, le Lieutenant-Colonel Valérien Galamine, Chevalier de son Ordre de S:t Vladimir, lesquels se sont rencontrés à Vadsöe en Öst-Finmarken le 4 juillet/22 juin 1826, où, après avoir échangé leurs pleinpouvoirs trouvés en bonne et due forme, ils se sont rendus de suite sur les lieux pour effectuer la teneur de la convention susmentionnée, et ils ont commencé ce travail le 9 juillet/27 juin au point connu sous le nom de Kolmisoive-Madakjetza, petite montagne découverte de bois.

Ici fut construite une colonne de pierre de dix pieds de diamètre en bas et de dix pieds de hauteur. Au milieu de cette colonne est mis en haut une pierre taillée, marquée d'un côté des chiffres du Roi, de l'an et de numéro, et de l'autre côté des chîffres de l'Empereur, de l'an et du même numéro. Cette colonne porte le nom de celle de Kolmisoive-Madakjetza et a le Numéro 349.

Dans la direction de la ligne frontière, il est posé de grandes pierres des deux côtés de cette colonne, de même que de toutes les autres, construites sur la nouvelle frontière, à une distance de 30 aunes ou à peu près de 27 archines pour indiquer dans quelle direction on trouvera la colonne ou la marque frontière la plus près.

De Kolmisoive-Madakjetza la ligne incline vers Sud-Est en descendant le talus de la montagne, et étant prolongée, elle rencontre un petit lac appelé Kolmis-Jaure qui est coupé en deux, et dont la plus grande partie se trouve sur le côté Russe. La ligne traverse ensuite un marais, puis elle rencontre une montagne unie appelée Guellebastamvara à une distance de 9,000 aunes ou 7,950 archines de la montage de Kolmisoive-Madakjetza. Guellebastamvara est à une distance de 4,500 aunes ou 3,975 archines au Sud de la montagne Gistabelle-Oive. Une colonne frontière fut construite sur la montagne de Guellebastamvara dont elle porte le nom et a le Numéro 350; au reste elle est semblable à la précédente.

De ce point la ligne passe premièrement un grand marais dans la direction de Sud-Est, puis elle coupe la montagne Storgærgionæs découverte de bois, rencontre de nouveau des marais et puis la rivière de Neiden, où, sur le côté d'Est de cette rivière à une distance de 4,000 aunes ou 3,533 archines, toujours dans la direction de Sud-Est d'après la boussole, la ligne après avoir passé un petit marais commence à monter le talus de la montagne appelée Bolom-Oive au pied de laquelle est un lac eonnu sous le nom de Neid-Jaure; ici est construite une colonne frontière qui à le Numéro 351; la distance entre celle-ci et la précédente, c'est à dire entre les colonnes 350 et 351 est de 18,500 aunes ou 16,342 archines.

De ce point la ligne va dans la direction de Sud à Est en passant sur quelques montagnes dénuées de bois, traverse ensuite des marais et des espaces couverts de mousse de renne, coupe en deux quelques petits lacs sans noms; puis de nouveau elle passe de petites montagnes et monte le talus d'une plus grande au pied de laquelle se trouvent deux lacs qui s'appellent Dobbel-Jaure. Sur cette montagne dénuée de bois se trouve la colonne de Numéro 352 portant le nom de celle de Dobbel-Jaure; la distance entre les colonnes 351 et 352 est de 10,000 aunes ou 8,835 archines.

De ce point ou peut voir les deux colonnes 351 et 353.

A partir de cette colonne la ligne incline vers Sud, descend la montagne près de Dobbel-Jaure, traverse un marais, rencontre ensuite la rivière Munk-Elv dans cette même direction à une distance de 7,000 aunes ou 6,183 archines de la colonne 352, passe sur un terrain plat, couvert de mousse de renne, puis quelques marais et ravins où se trouve de broussailles, et sur une montagne unie, coupe quelques petits lacs sans noms puis au Sud du lac Kols-Jaure à une distance de 3,400 aunes ou 3,000 archines; maintenant elle commence à rencontrer la chaîne de montagne Reisa-Gora, monte son talus avant d'atteindre le point le plus élevé, où fut construite la colonne de Numéro 353, appelée la colonne de Reisa-Gora. Cette montagne est d'une considérable hauteur, en dessus très plate et unie, privée de toute verdure, couverte seulement de mousse, à une distance de 3 à 4 000 aunes ou plus de 3,000 archines à l'entour de la colonne. La distance entre les colonnes 352 et 353 est de 34,350 aunes ou 30,343 archines.

La ligne continue maintenant dans la direction de Sud-Est en descendant le talus de la montagne Reisa-Gora, au pied de laquelle il se trouve de grands marais qu'elle traverse ainsi que de grandes étendues couvertes de mousse de renne, puis elle rencontre une chaîne de montagne qui s'appelle Reisa-Oive, mais dont les plusieurs points portent de differens noms; la ligne rencontre les sommets de Nukanjaurevara de Tsjaarnevara, de Reiavara et de Tsjaderoara, situé au Sud du Kaneges-Jaure; de ce dernier sommet la ligne passe celui de Niamechelage, où il fut coupé du bois, ensuite Mudhevara tout près du petit lac Avedem-Jaure; de ce point ou il était nécessaire de nouveau de percer de bois, la ligne incline plus vers d'Est, traverse des marais et monte la montagne Reia-Varatch; ici se trouve placée la colonne frontière Numéro 354. La distance entre les colonnes 353 et 354 est de 46,500 aunes ou 41,117 archines.

De ce point la ligne va dans la direction de Nord-Est, coupe la rivière de Pasvig au Sud de la cataracte Niachtz, rencontre la petite montagne Reia-Niarg, située au bord d'Est de la rivière de Pasvig au confluent de Gelsomio-Elv avec la rivière de Pasvig. Sur cette montagne fut construite la colonne frontière de Numéro 355; la distance entre les colonnes 354 et 355 est de 2,700 aunes ou 2,387 archines. Partant de ce point la ligne frontière va suivre la rivière vers le Nord, passe au milieu du lac Gelsomio ou Niachtz jusqu'à la cataracte de Purn où commence le Purn-Jaure; ici la ligne coupe une petite île près de la cataracte, passe au milieu du Purn-Jaure, puis vient le Boetze-Jaure, où la ligne touche de même une île et continue à passer par le milieu du Jaure jusqu'à la cataracte de Jorde; elle entre ensuite le Vagetem-Jaure et en suivant la plus grande profondeur d'eau, laisse à l'Est l'île Soivi-Souala et trois îlots; en venant à la cataracte de Vuavasch elle touche un îlot du même nom; d'ici elle suit la branche d'Ouest de la rivière, étant la plus profonde, et ayant passé la cataracte de Souana elle va au milieu du Kadelobel-Jaure, touche l'île Karp-Souala, laisse à droite Niavde-Souala, passe ensuite entre les îlots Loskot et Ogovo dans le Poige-Jaure; continue maintenant à suivre la rivière après avoir passé par la chûte d'eau Riamallay laissant à droite l'île Solovarek, touche Vade-Souala où commence Kjolme-Jaure et passe au milieu des eaux jusqu'à ce qu'elle rencontre l'île Souala-Kouschk, traverse Vahl-Jaure (Kitovoe), laisse à droite l'île Malas-Souala et à gauche celle de Kveschlot, passe par la chûte d'eau Niametzask et continue à suivre la rivière jusqu'à la montagne de Kevniss près la chûte du même nom où est construite la colonne frontière Numéro 356, à une verste au Sud de l'église des S:ts Boris et Gleb. Il y construit quatre colonnes autour de cette église, savoir les Numéros 356, 357, 358 et 359; la distance entre 356 et 359, toutes les deux situées au bord d'Ouest de la rivière, est de deux verstes (3,396 aunes), et la distance entre 356 et 357 est d'une verste (1,698 aunes), de même avec celle entre les colonnes 358 et 359.

Les trois colonnes sous les Numéros 357, 358 et 359 portent le nom des colonnes de Boris et Gleb.

Près de la colonne 359, la ligne frontière traverse la rivière de Pasvig et va dans la direction de Sud-Est à une montagne où la colonne Numéro 360 est construite tout près de Neid-Jaure. La distance entre 359 et 360 est de 2,000 aunes (1,768 archines).

De cette dernière colonne, la ligne frontière va dans la direction de Sud à Est et coupe en deux Neid-Jaure, traverse une forêt où il y a coupé une allure pour marquer la ligne, rencontre puis la montagne Storgol-Oive, où fut érigée une marque frontière de pierres, rangées en forme d'une colonne. De cette marque la direction est de Sud-Est, et la ligne prolongée, en passant sur des montagnes et par des bois, est marquée par de petites colonnes semblables à celle de Storgol-Oive, lesquelles petites colonnes se trouvent placées aux montagnes Nordre Våchts-Oive et Söndre Våchtz-Oive. Le terrain étant très coupé et couvert de bois, il n'y avait pas de moyen de construire de colonne frontière qu'au Sud du Benags-Jaure, d'où le Lax-Elv prend sa source qui se jette dans le Jarfjord. Cette colonne est placée sur un rocher tout près du Jaure, porte le nom de la colonne de Benags-Jaure et a le Numéro 361.

La distance entre les colonnes 360 et 361 est de 34,250 aunes (31,253 archines). Il a été nécessaire de faire couper beaucoup de bois entre ces deux colonnes pour indiquer précisément la ligne.

A partir de la colonne N:o 361 la ligne passe premièrement deux branches du Benags-Jaure, et en allant toujours dans la direction d'Est, elle passe par de bois, qui fut coupé dans une largeur de 6 aunes (5 archines), observée partout où il y avait de bois à couper; puis elle rencontre une montagne qui fut marquée par une petite colonne, passe ensuite quelques marais et par de forêts, et va enfin à la montagne Voriegas-Oive qui de même fut marquée d'une petite colonne; de là, la ligne passe de petites montagnes, puis de forêts, de nouveau elle rencontre une hauteur qui fut marquée de même avec Voriegas-Oive et ensuite elle passe encore de forêts avant d'atteindre au point de jonction des trois ruisseaux qui forment le Jacobs-Elv (Voriema). C'est ici où la colonne frontière Numéro 362 est construite au bord d'Ouest du confluent des ruisseaux. La distance entre les colonnes 361 et 362 est de 13,200 aunes (11,664 archines).

Maintenant la ligne de frontière suit le Jacobs-Elv (Voriema) jusqu'à son embouchure, dans la Mer Glaciale près de Jacobs-Vig; ici se trouve placée la dernière colonne frontière Numéro 363 au bord d'Est de Jacobs-Vig sur une montagne, tout près de l'embouchure de Jacobs-Elv (Voriema) dans la Mer Glaciale. La largeur du Jacobs-Elv près sa source est petite, mais elle augmente toujours chemin faisant, de manière que son lit près l'embouchure est presque de 150 aunes (130 archines). Le cours du Jacobs-Elv (Voriema) est vers Nord à Est au commencement, puis vers le Nord; la distance entre les colonnes 362 et 363 est de 58,500 aunes ou 51,675 archines.

Fait à Archangel le 28/16 du mois d'août l'an de grâce mil huit cent vingt six.

Commissaire de Sa Majesté
le Roi de Suède et de Norvège
Lieutenant-Colonel
F. M e j l æ n d e r.
(L. S.)
Commissaire de Sa Majesté
l'Empereur de toutes les Russies
Lieutenant-Colonel
G a l a m i n e.
(L. S.)


Protocole concernant la vieille frontière entre le Finmark Norvégien et le Grand-Duché de Finlande.

Les commissaires ayant fini la délimitation des districts Lapons connus sous la dénomination de Fælleds-districter (districts communs) et trouvant que la saison permettait encore de travailler, ils se sont mis en chemin ensemble pour se rendre à Polmak, situé sur la rivière de Tana, puisque par les renseignemens qu'ils s'étaient procurés eux mêmes, en travaillant dans les districts, il se montrait que la frontière de Polmak jusqu'à Kolmisoive-Madakjetza avait grand besoin d'être révisée.

Au Sud de Polmak, à peu de distance, il y a un petit ruisseau sur le côté d'Ouest de la rivière de Tana, qui s'y jette; ce ruisseau s'appelle Skaarejok, et à son confluent dans le Tana se trouve comme marque frontière une grande pierre taillée, avec des chiffres, de l'an 1766, et du Numéro 343; le tas de pierres rangé autour de la grande pierre taillée, étant écroulé, il fut relevé.

Dans la direction de Sud-Sud-Est d'après la boussole, la ligne frontière passe sur la montagne Fjelmovara, qui étant couverte de bois, il fut coupé dans la direction de la ligne; puis elle traverse des marais et étant prolongée, rencontre la montagne Harimatsjok où la colonne frontière Numéro 344 est construite au point le plus élevé de la montagne et s'appelle la colonne de Harimatskaidi. Il n'y avait autre chose à faire dans cet endroit que de renouveler les chiffres et l'autre sculpture de la pierre taillée presque effacés par la mousse. Les pierres, rangées dans la ligne à 30 aunes (27 archines) des deux côtés de la colonne pour montrer la direction, furent aussi relevées.

La ligne frontière incline de ce dernier point encore un peu davantage vers le Sud, coupe un petit lac, traverse un marais et puis sur un terrain couvert de bois, où il était nécessaire de le faire couper dans une distance de 1,600 à 1,800 aunes (1,500 archines). Sortant du bois, on trouve un lac connu sous le nom de Polma-Jaure, où la colonne N:o 345 est située sur le bord de Nord-Ouest du lac, et est appelée la colonne de Polma-Jaure; elle était entièrement écroulée et il n'y avait qu'un monceau de pierres. Cette colonne fut reconstruite de nouveau et munie d'une nouvelle pierre taillée qui portait des chiffres, de l'an et de numéro.

En quittant ce point la ligne va dans la direction de Sud-Sud-Est, elle coupe le Polma-Jaure en deux, d'où la plus grande partie tombe sur le côté Russe. Le lac passé, la ligne rencontre une montagne escarpée nommée Kardan-Niarg et tout après on trouve la colonne frontière N:o 346 portant le nom de Torvejok-Kolpa. Il n'y avait que très peu à réparer dans cet endroit, la colonne se trouvant presque intacte.

La ligne frontière va maintenant dans la direction de Sud-Est à Sud, passe une montagne couverte de bois, où il était nécessaire de le couper, ensuite la ligne rencontre le petit ruisseau Torvejok qui va dans la direction de Nord d'Est à Sud d'Ouest et se jette dans le Polma-Jaure; puis la ligne passe sur de petites montagnes, de marais, et elle rencontre de nouveau un petit ruisseau portant le nom de Leibejok qui se jette dans le Polma-Jaure; ce ruisseaux étant passé, la ligne, étant prolongée, rencontre premièrement des marais, puis la montagne Voumovara, d'où la colonne frontière Vouomovarast N:o 347 est construite. Étant trouvée dans un état très délabré, elle fut reconstruite et munie en haut d'une nouvelle pierre taillée, marquée de chiffres, de l'an et de numéro.

De ce point la ligne va dans la direction de Sud-Est, elle passe de petits marais, coupe le ruisseau Loasjok qui, dans la direction d'Est à l'Ouest forme le Loas-Jaure et se jette dans le Polma-Jaure. La ligne prolongée, après avoir passé de petites montagnes elle coupe le Mivti-Jaure en deux, passe sur un terrain marécageux et sur quelques petites montagnes où est placée la colonne Pitsus-Marast N:o 348, qui fut reconstruite.

La ligne frontière, dès ce point va dans la direction de Sud à l'Ouest, descend une chaine de montagne dont le talus est uni et découvert de bois; elle coupe un petit lac et commence à passer des montagnes jusqu'à ce quelle atteint celle de Kolmisoive-Madakjetza, où il y avait un monceau de pierres qui indiquait la place pour la nouvelle colonne de Kolmisoive-Madakjetza N:o 349 qui y fut construite.

Les commissaires en se trouvant près de Polmak, se sont convaincus de la totale impossibilité qu'il y avait de passer outre dans la saison actuelle pour continuer la révision de la vieille frontière. Seulement pour faire le chemin de Polmak jusqu'à Sjekkemjok il fallait trois semaines à cause de la difficulté de ramasser les gens nécessaires pour porter de provisions et de bagages, et c'est très douteux s'il aurait été possible d'en avoir.

Le long de la rivière de Tana il n'y a rien à faire, puisque cette rivière forme la frontière jusqu'à Karesjok, puis la frontière est formée par le confluent de plusieurs ruisseaux jusqu'à Sjekkemjok.

On pourrait transporter le bagage par de bateaux jusqu'à Karesjok, c'est vrai, mais depuis, cette ressource aurait cessé, à cause de la grande sechéresse pendant l'été passé, qui a tarit tous les ruisseaux. Les deux Finlandois, qui par ordre du Gouvernement de Finlande devaient se rendre de Torneå directement à Sjekkemjok pour visiter de là la ligne frontière jusqu'à Kolta-Jaure, ont été obligés d'abandonner ce projet, faute de gens et de guides et se virent contraints de faire un détour en tachant de venir à Indiager, laissant leurs bagages à Beldovuoma situé environ 4 milles ou 40 verstes au Sud de Sjekkemjok.

Ainsi de commencer cette révision, sans la finir dans la même saison, dans la supposition qu'il avait été possible de se frayer un chemin sur Karesjok pour venir à Sjekkemjok, aurait été un travail sans utilité alors, vu la nécessité de le recommencer à l'année prochaine, ce qui ne servirait qu'à mettre les gouvernemens respectifs dans une double dépense.

Les habitans demeurant dans les paroisses de Kautokeino et d'Enontekis se rendent à l'approche du printems aux côtes Norvégiennes avec leurs troupeaux de rennes; de là ils ne retournent dans leurs domiciles qu'à l'automne. De sorte que pour commencer la révision de la frontière de Sjekkemjok à Kolta-Jaure, distance de 30 milles ou de 300 verstes à peu près, il faut qu'on arrange pendant l'hiver les préparatifs nécessaires de gens et de chevaux, pour qu'elle réussisse.

L'endroit le plus avantageux pour s'assembler et pour commencer ce travail serait à Tromsöe, situé à un distance de 8 milles Norvégiens ou 80 verstes environ de Kolta-Jaure. On devait tacher d'être à t'endroit même au commencement du mois de juin, alors on est toujours de l'avantage de pouvoir se servir de bateaux dans, les rivières et les ruisseaux pour faire transporter les provisions et les bagages.

Fait à Archangel le 28/16 du mois d'août l'an de grace mil huit cent vingt six.

Commissaire de Sa Majesté
le Roi de Suède et de Norvège
Lieutenant-Colonel
F. M e j l æ n d e r.
(L. S.)
Commissaire de Sa Majesté
l'Empereur de toutes les Russies
Lieutenant-Colonel
G a l a m i n e.
(L. S.)


Protocole concernant l'ancienne frontière entre le Royaume de Norvège et le Grand-Duché de Finlande.

La révision de la frontière entre le Royaume de Norvège et le Grand-Duché de Finlande n'ayant pu être terminée en 1826, ce travail a été recommencé en 1827 par les mêmes commissaires de part et d'autre, lesquels se sont rendus ensemble à Tromsöe, petite ville située sur les côtes de la Norvège dans la province de Nordland et le baillage de Finmark pour y commencer leurs travaux.

La première colonne frontière qui se trouve de ce côté est celle qui est connue sous le nom de Koskinmodka N:o 294, située sur un isthme entre les lacs Kolta-Jaure et Kilpis-Jaure.

Cette colonne est le point de réunion des Royaumes de Suède et de Norvège d'un côté et de l'Empire de Russie de l'autre. Elle se trouvait en bon état de manière qu'il n'y avait rien autre chose à faire que d'en renouveler l'inscription.

La ligne de démarcation se dirige ensuite vers une montagne assez haute, appelée Rasavara, couverte en partie de bois qui fut abattu, puis elle traverse un espace qui est très pierreux et quelques marais avant d'atteindre la montagne Kalkogaabo où est construite la colonne du même nom N:o 295.

A partir de ce point la ligne suit un terrain marécageux un demi mille de longueur et coupe quelques petites hauteurs couvertes de brousailles. Puis elle monte la hauteur de Jækka et touche en descendant la partie méridionale du lac Kalko-Jaure. Sur cette montagne se trouve la colonne de Jkka N:o 296. Il n'y avait rien autre chose à faire à ces deux colonnes que de renouveler les chiffres de la pierre taillée.

La ligne passe ensuite par un terrain en partie marécageux et en partie entrecoupé et dénué totalement de bois, jusqu'à la montagne Marselkvara où est placée la colonne du même nom N:o 297. A moitié chemin entre les colonnes N:o 296 et N:o 297 se trouve une marque intermédiaire placée sur une grande pierre vis à vis de la montagne Sargisvara. La colonne de Marselkvara étant écroulée et n'ayant que 3 pieds de hauteur fut reconstruite à une hauteur de 6 pieds.

La nature du terrain entre cette dernière colonne et celle de Tollihupaks N:o 298 est la même qu'entre les deux précédentes. La ligne coupe le lac Suoppi-Jaure et la colonne porte le nom de la montagne sur laquelle elle est construite.

Les deux colonnes suivantes, qui dans les anciennes descriptions portent les noms de 1:ière et 2:de colonne de Pöeting, sont appelées par les Lapons d'après les noms des montagnes où elles se trouvent, savoir: la colonne Aldovara N:o 299 (1:ière colonne de Pöeting) et la colonne Kijæddi-Oive N:o 300 (2:de colonne de Pöeting); la colonne N:o 299 fut réparée.

La colonne Luossa-Djeva N:o 301, portait le nom de Fjeldrygs-Röset dans les anciennes descriptions. Entre les colonnes N:o 300 et 301 à un quart mille de cette dernière on voit une marque intermédiaire sur une grande pierre.

Les colonnes Ortis-Oive N:o 302 et Kaudis-Kais N:o 303 portent les noms des montagnes sur les sommets desquelles elles sont construites.

Depuis la colonne N:o 298 jusqu'à celle N:o 303 la ligne de démarcation suit toujours une chaine de montagnes parsemées de grandes pierres. Il n'y avait d'autres réparations à faire que d'ôter la mousse des pierres taillées.

De la colonne N:o 303 la ligne de démarcation suit la crête des montagnes de Haldis qui sont de même couvertes de pierres. La colonne Haldis N:o 304 est construite sur le sommet de cette montagne. La ligne descend ensuite la montagne Haldis-Oko, qui est très escarpée passe près d'un petit lac, monte la hauteur Ritnas-Oko et se dirige enfin par un terrain couvert de pierres et de mousse jusqu'à la colonne Bojogoppi N:o 305, située sur un terrain plat.

De cette colonne la ligne de démarcation passe par des marais, rencontre le lac Somas-Jaure qu'elle coupe en deux, et gravit enfin la montagne Somas-Oive où se trouve la colonne du même nom N:o 306. La colonne étant écroulée fut reconstruite.

En descendant la montagne la ligne suit un terrain marécageux et après avoir traversé quelques ruisseaux elle monte la hauteur Vard-Oive au sommet de laquelle se trouve la colonne du même nom N:o 307 qui fut aussi reconstruite. Entre cette colonne et celle de Skjertevara N:o 308, la ligne traverse quelques marais et plusieurs petits lacs avant d'atteindre la montagne Skjertevara. La colonne fut réparée.

La ligne traverse ensuite des marais considérables parsemés de pierres, passe par quelques monticules, en partie couvertes de bois de bouleaux, et coupe une hauteur située à la jonction du lac Tedno-Jaure avec la rivière Lætes-Eeno. C'est sur cette hauteur où se trouve la colonne Tednomodka N:o 309, consistant en une pierre taillée, enfoncée dans la terre.

De cette colonne la ligne de démarcation passe par un bois, traverse ensuite des montagnes couvertes de mousse, des marais et quelques petits lacs, et rentre de nouveau dans le bois jusqu'à la colonne Vallivaratsch N:o 310, placée sur la montagne du même nom. La colonne a été réparée.

De là la ligne traverse un bois, des petites montagnes, et un terrain humide où il y a quelques petits lacs, jusqu'à la colonne Korsevara N:o 311, grande pierre enfoncée dans la terre, portant toute l'inscription. La ligne de démarcation entre ensuite dans un bois de bouleaux, et après avoir traversé un espace pierreux et un marais avec quelques lacs elle monte Akkjevara où est la colonne du même nom N:o 312 qui fut reconstruite.

En descendant cette montagne la ligne traverse des marais qui continuent jusqu'à la colonne Serusvara N:o 313 (aussi connue sous le nom de Myrsteensrös). Cette colonne ne consiste qu'en une grande pierre, enfoncée dans la terre et munie de l'inscription.

Le terrain marécageux se prolonge et la ligne de démarcation après l'avoir passé, rencontre un lac, puis de nouveau elle traverse des marais et un ruisseau avant d'atteindre la montagne de Nerrevara où est la colonne du même nom N:o 314 qui fut totalement reconstruite.

De ce point la ligne continue encore à passer par un terrain marécageux où il se trouve par ci par là du bois de bouleaux jusqu'à la colonne Haukevaratsch N:o 315. Cette colonne, placée sur un terrain très marécageux, ne présentait qu'un monceau de pierres. Elle fut donc reconstruite à une hauteur de 5 pieds et munie d'une nouvelle pierre taillée portant les chiffres de L.L. M.M. le Roi d'un côté et de l'Empereur de l'autre, de l'an et du numéro. L'impossibilité de trouver plus de pierres au milieu d'un marais empêchait de lui donner la hauteur de 6 pieds des autres colonnes.

La nature du terrain entre cette colonne et la suivante ne diffère aucunement de ce qui vient d'être mentionné ci-dessus, le bois de bouleaux entrecoupés de marais continue jusqu'au pied de Possesvara au sommet de laquelle est placée la colonne du même nom N:o 316. Cette colonne fut réparée et munie d'une nouvelle pierre taillée parfaitement semblable à celle de la colonne précédente.

La ligne de démarcation, à partir de ce point passe par un terrain couvert de mousse de rennes, et traverse un lac, quelques marais et des brousailles, avant d'atteindre la colonne Urtevara N:o 317, qui porte le nom de la montagne où elle se trouve.

La ligne continue à passer par un terrain coupé, couvert de mousse de rennes et en certains endroits marécageux, jusqu'à la colonne Marselskorra N:o 318 qui tire son nom de la montagne du même nom. L'espace compris entre cette colonne et celle de Pitsiskjolma N:o 319 est couvert de mousse de rennes.

Le terrain que se trouve entre les colonnes N:o 319 et Kjeldovaddo N:o 320 n'offre que des montagnes couvertes de mousse, des marais et des brousailles.

Les quatre dernières colonnes n'ont eu besoin que de petites réparations. A partir de Kjeldovaddo le terrain présente les mêmes objets, des montagnes couvertes de mousse, des marais et des petits lacs jusqu'à la colonne Salvaslopel N:o 321 qui fut reconstruite.

Un bois de bouleaux, des marais et un terrain couvert de mousse de rennes et de grandes pierres continuent jusqu'à la colonne Salvasvaddo N:o 322 qui a été reconstruite à une hauteur de 6 pieds, puisqu'il ne s'y trouvait auparavant qu'une pierre taillée, enfoncée dans la terre.

La ligne de démarcation s'enfonce ensuite dans un grand marais, puis elle passe par des hauteurs couvertes de bois avant d'arriver à la colonne Spallo N:o 323.

De ce point le terrain ne consiste qu'en marais et un sol pierreux jusqu'à la colonne Soiversvara N:o 324 (aussi connue sous le nom de Kioiresvara).

En descendant la montagne de Soiversvara, la ligne, après avoir traversé des marais, une grande vallée et un lac, monte par des petites hauteurs jusqu'à la montagne Termesvara, où la colonne du même nom N:o 325 se trouve placée sur le point le plus élevé.

Les trois dernières colonnes n'ont eu besoin que de petites réparations.

De ce point la ligne de démarcation passe par des marais et atteint enfin une petite hauteur entourée de lacs où se trouve la colonne Beversmodka N:o 326 qui était dans un état très délabré. Elle a été reconstruite et munie d'une nouvelle pierre.

La ligne se dirige par un terrain marécageux et par des hauteurs couvertes de bois de bouleaux jusqu'à la montagne Nateilasloka où elle s'enfonce de nouveau dans les marais, et monte enfin la hauteur Rauv-Oive où se trouve la colonne du même nom N:o 327.

De cet endroit la ligne en descendant la montagne passe par des marais et des petits lacs jusqu'à la colonne Mader-Oive N:o 328. De là elle traverse un terrain inégal et couvert de bois de bouleaux qui a été coupé dans la direction de la ligne jusqu'à la colonne Salt-Oive N:o 329, sur une montagne du même nom.

Elle continue à passer par un terrain pierreux et par des marais et de petits lacs jusqu'à la colonne Aletvara N:o 330, placée en haut d'une montagne du même nom.

Les quatre colonnes qui viennent d'être nommées ont eu besoin plus on moins de réparation.

En descendant, la ligne traverse une vallée marécageuse et gravit la montagne Motas-Oive où la colonne du même nom N:o 331 est placée, elle a été réparée et munie d'une nouvelle pierre taillée.

De Motas-Oive la ligne se dirige par un espace pierreux et en même tems marécageux couvert de bois, sur la montagne de Kalkovaddo, au sommet de laquelle se trouve la colonne du même nom N:o 332.

De là, elle traverse des marais jusqu'à ce qu'elle rencontre un petit lac près duquel se trouve la colonne Raud-Auitzi N:o 333.

La ligne passe ensuite par un terrain pierreux et couvert de bois jusqu'au lac Raudi-Jaure où se trouve la colonne du même nom N:o 334.

Entre cette colonne et la suivante Autiesupudak N:o 335, située dans une vallée, le terrain conserve le même aspect.

La ligne monte de là une hauteur, puis la montagne Pass-Oive, ensuite elle traverse un terrain plat et marécageux jusqu'à la colonne Keitem-Jaure N:o 336, placée dans une vallée.

Elle se dirige de là sur la montagne Gaiketemvaratsch, et passe par un terrain pierreux et une vallée jusqu'à la montagne Raud-Oive où se trouve la colonne de ce nom N:o 337.

De Raud-Oive la ligne prend sa direction sur la montagne Raudejelas, traverse un bois de bouleaux et des marais avant d'arriver à la montagne Seidikjerro où est la colonne de ce nom N:o 338.

De ce point le terrain est très pierreux, coupé et couvert de bois jusqu'à la colonne Marsel-Auitzi N:o 339; la ligne en descendant la montagne sur laquelle elle se trouve, traverse des marais jusqu'à la colonne Katsebel N:o 340 placée sur le sommet de la montagne Katsebelvara.

De là la ligne passe par des marais et par un terrain coupé couvert de bois jusqu'à la montagne Ladegein-Oive où se trouve la colonne de ce nom N:o 341. Cette colonne s'appelle aussi Beldovaddo.

La ligne en descendant cette montagne traverse des marais et un terrain pierreux jusqu'à la colonne Sjekkemjok N:o 342.

Toutes les colonnes depuis le N:o 331 jusqu'au N:o 342 ont été réparées plus ou moins; les deux dernières pourtant, N:o 341 et N:o 342, n'ont pu avoir la hauteur prescrite de 6 pieds, vu le manque de pierres,

A partir de la colonne N:o 342, la ligne de démarcation longe le ruisseau de Sjekkemjok pendant un demi mille jusqu'au confluent des deux Sjekkemjok, dont l'autre tire sa source d'un lac de ce nom; de là jusqu'au N:o 343 elle suit toujours la rivière, qui dans sa course reçoit plusieurs noms, savoir: jusqu'au confluent avec Enarejok elle est appelée Sjekkemjok; de ce point elle reçoit le nom d'Enare, et conserve la même dénomination jusqu'à l'embouchure de Karesjok d'où elle est appelée Tana-Elv.

La colonne N:o 343 se trouve à l'endroit où le ruisseaux de Skaarejok se jette dans la Tana, point où les travaux de l'année passée ont fini.

La carte qui suit ce protocole est parfaitement exacte, puisque la plûpart des colonnes et les objets principaux dans les environs ont été déterminées par des intersections. Les distances entre les colonnes ont été quelquefois mesurées dans les marais qui étaient abordables et ont servi de bases aux travaux ultérieurs.

On peut voir sur la carte les distances entre les colonnes depuis le N:o 294 jusqu'au N:o 342, ainsi qu'entre les points principaux le long de la rivière de Tana, à compter de Sjekkemjok N:o 342 jusqu'à la colonne N:o 343 près de l'embouchure de Skaarejok.

Fait à Åbo le 7 septembre/26 août de grâce mil huit cent vingt sept.

Commissaire de Sa Majesté
le Roi de Suède et de Norvège
Le Lieutenant-Colonel
F. Meylænder.
(L. S.)
Commissaire de Sa Majesté
l'Empereur de toutes les Russies
Le Lieutenant-Colonel
Galamine.
(L. S.)


Source: Sverges traktater med främmande länder jämte andra dit hörande handlingar. Stockholm,

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